C'est toujours un grand plaisir quand Olivier "The Boss" Douce reprend la plume. Pour cette nouvelle publication, Olivier a décidé de revenir sur son European Poker Tour de Deauville. Mais pas nécessairement sur sa partie tournoi... Plutôt sur sa partie hors tournoi, sur un gain un peu spécial. Il n'est pas pécunier, non. Ce gain est humain.
Olivier écrit avec humour, mais il rend surtout hommage à un joueur que toute la communauté du poker connaît. Un joueur qui ne passe pas inaperçu, un joueur au fort caractère et à l'accent si agréable. Ce joueur, c'est Antonin Teisseire, membre de la team Partouche. Un amour de joueur qui sort souvent avec la team Poker Leaders et notamment son membre corse : Stéphane "El Prodigio" Albertini.
Antonin, je le croise régulièrement sur le circuit et c'est toujours un plaisir de discuter avec lui. Je le dis très régulièrement à mes collègues et à certains joueurs : Antonin, c'est une remarque culte minimum par niveau! Je pense qu'un jour, je poserais mon dictaphone à sa table et je le laisserais tout simplement tourner! Vous voulez de la phrase anecdotique en tournoi? Il faut absolument rester à la table d'Antonin! Franchement, cet homme est tout simplement excellent et fait preuve d'une grande sincérité. En gros, c'est un bon mec qui vient du Sud, qui dit ce qu'il pense et qui le dit à sa manière!
Antonin est également un joueur que j'aime bien imiter (au niveau de la voix hein!). Bref, le membre de la team Partouche est un des joueurs les plus charismatiques du field. Difficile de le louper!
Merci à Olivier pour ce très beau texte sur son nouvel ami et pour son humour. Après le fameux "J'suis un âne!" de Bruno "Kool Shen" Lopes lors de l'EPT de Deauville, voici le "Je joue comme un saucisson" d'Olivier "The Boss" Douce. Si on unit les deux, on obtient une spécialité corse (le saucisson d'âne).
Bref... Je vous laisse avec le très beau texte d'Olivier qui porte le titre suivant : Comment j'ai gagné à l'EPT de Deauville!
Message reçu le 4 février 2011 à 13h42
Je vous vois venir, vous vous dites l’homme est devenu fou. Il n’a joué que cinq heures sur le Main Event avant de sauter comme une crêpe et s’est fait virer du side à 1.650 € à la fin du day 1.
Mais ce gain dont je parle ici n’est pas sonnant et trébuchant, il ne s’agit ni de lauriers, ni d’argent. C’est un gain affectif, un gain d’amitié qui est bien plus précieux car s’il ne remplit pas le portefeuille, il nourrit l’âme, ce qui est bien plus durable.
Lorsque, comme moi, on joue comme un saucisson (expression typique Youkéenne) et que l’on se fait découper en tranches, on a ensuite beaucoup de temps pour faire des connaissances, pour échanger avec d’autres joueurs qui veulent bien partager vos malheurs et vous écouter avec compassion narrer votre bad beat final. Oui, en tournoi on sort toujours sur un bad beat, jamais sur une erreur !!!!!
Donc dans mes pérégrinations pokeristiques il m’est arrivé de rencontrer des personnages incroyables et dieu sait si dans le monde du poker il y a des personnages avec un grand P.
Il en est un que j’avais croisé de nombreuses fois depuis mes cinq années de circuit sans avoir eu véritablement l’occasion de le connaître : Antonin Teisseire.
C’est vrai qu’on ne peut pas le louper : un physique de bucheron, une voix de stentor. L’un de ses plus grands faits d’armes fut une brillante 3ème place à la Grande Finale du Partouche Poker Tour en 2008, mais au-delà de cette place c’est durant ce tournoi qu’il a forgé sa légende, car ce jour là Antonin a mis le feu comme personne ne l’avait jamais fait. Pour ceux qui ne l’on pas encore vu je vous recommande d’aller voir sur Dailymotion "Tonin et le 4 à la river", un vrai moment d’anthologie.
Tonin, comme aiment à l’appeler ses amis dont j’espère faire maintenant parti, c’est un personnage de roman, c’est du Pagnol, c’est le grand Raimu. Lorsqu’il vous parle, ce remarquable conteur a toutes les cigales et la lavande dans son intonation. C’est vrai que sa stature peut impressionner, 1m92 sur 100kg et des brouettes... Mais c’est normal car il a le cœur tellement gros qu’il ne pourrait pas tenir dans un plus petit volume. Un moment avec Tonin c’est un feu d’artifice d’histoires vécues qui vous font pleurer de rires. Je ne peux vous en dire plus car comme toute étincelle de bonheur cet espace temps se vit plus qu’il ne se raconte.
Voilà pourquoi j’ai gagné à l’EPT de Deauville car j’ai agrandi mon stack d’amis. Croyez moi, celui là rien ne pourra me le faire perdre et je ne l’échangerais pas contre tous les jetons du monde.



