Le soleil vient de se lever, encore une chaude journée, l'ami du petit déjeuner, du déjeuner, du goûter et du diner, c'est l'ami Poker Leaders! Ouais je sais, ça ne rime pas comme dans la pub pour une boisson du matin mais bon là il est quand même assez tôt, surtout quand on se couche à 3h00 du matin (non alcoolisé heureusement!).
En fait il y a deux choses qui m'ont réveillé : la chaleur devenue insupportable et un message, plus communément appelé SMS, de Patrick Sacrispeyre alias Le Youki.
Que disait ce message me direz vous? Excellente question puisque mon article se base sur ça. En substance, il se fait craquer les As par AxKx dépareillé sur la dernière main de la journée, ce qui provoque évidemment sa sortie. Un pot pour remonter à 80.000 on crachait pas dessus. Je précise également que les tapis s'envolent préflop suite à une succession de relances. Patrick est bien évidemment dégouté et finalement je le suis pour lui... Le seul membre de la team Poker Leaders présent au day 2 déchatte sur un mec qui touche sa couleur avec l'As!
Et là, avec ce SMS, pleins de choses se bousculent dans ma tête... En fait y'a une chose qui ressort de tout ça : quelle importance représente le facteur chance pour remporter le Main Event des WSOP? Combien de coin flip faut-il gagner? Combien de coup de chatte faut-il avoir?
Vous savez, on se pose toujours la question en général "quel est la part de chance au poker?"... Cette question amène un flot de réponses impressionnant! On peut passer de pas grand chose (voir parfois rien) à un chiffre énorme (au dessus des 50%). Si nous sommes tous d'accord pour dire qu'il faut une part de stratégie, que le poker est un jeu d'habileté, un skill game, nous n'avons pas tous la même percéption de la chance dans ce jeu car nous n'avons pas toutes et tous les mêmes expériences...
En tournoi la chance est proportionnelle à la grandeur du field. Plus le field est important, plus le facteur chance est élevé. Pour prendre deux exemples extrêmes, c'est plus facile quand on est un très très bon joueur de gagner un sit'n'go à dix joueurs que le Main Event des WSOP modernes où il y a entre 6 500 et 8 000 joueurs en moyenne.
Je sais je viens de vous sortir une banalité sans nom : il faut beaucoup de chance pour remporter le Main Event des WSOP! Quelle révélation, n'est-ce pas? Mais pour moi ça ne s'accorde pas avec l'actualité d'il y a quelques mois : le poker est un sport d'esprit et intègre l'IMSA (International Mind Sports Association) au même titre que les échecs par exemple...
Bon, je veux bien que le poker soit un sport et qu'il soit d'esprit, la preuve, parfois on a mal à la tête tellement on réfléchit sur un coup! En fait si je devais ouvrir une poker room je l'appellerais Doliprane! Y'aurait la team DoliPRO qui, au lieu de soulager les maux de tête, vous ferez un mal de chien... Bref! La comparaison sera simple!
Pour personnifier les choses, si j'étais les échecs, je le prendrais super mal que le poker intègre l'IMSA, la même association que moi. Ce jeu si noble ne peut pas fricoter avec le poker, et pourtant... Pas mal de joueurs de poker viennent des échecs, l'exemple le plus célèbre en France étant Almira Skripchenko de la team Winamax. D'un point de vu stratégique il faut élaborer un plan d'attaque, essayer de prévoir les move de son adversaire... Il y a une vraie réflexion dans les deux jeux! Mais aux échecs je ne vois aucun facteur chance : soit t'es bon, soit t'es moins bon que ton adversaire et c'est tout. Y'a pas de bad beat, on a bien joué ou on a mal joué mais ce facteur vient de soi et pas du hasard des cartes.
Le poker serait réellement un sport totalement d'esprit si le but du jeu était d'avoir la meilleure main à l'abattage... mais sans flop, sans turn et sans river! Juste les deux meilleures cartes! Hop abattage suite à UN seul tour d'enchères et rideau! J'avoue, le poker comme ça serait très chiant, mais songez-y car finalement le bluff est également permis! Et surtout on arrêterait de se dire "That's Poker!"...
Pourquoi on dit toutes et tous "That's Poker"? C'est pas le poker qui vient de te foutre un bad beat dans la gueule, c'est la MALCHANCE!!!! Comme le dirait Mylène Cogan, le poker est un sport ingrat! Et elle a raison!
Je veux dire, même Phil Ivey se prend des bad beats, sauf que lui, il est tellement friqué que ça lui fait plus rien. Un tournoi se finit? Pas grave, on va aller au suivant y'en aura bien un qui commence! Comme le dirait Patrick Bruel, il y a des cycles au poker... Parole de fish ou pas, je pense que l'on a tous connu une période de bad run, après il faut savoir l'aborder et changer de vitesse.
Je pense que la photo illustre bien ce phénomène... Phil Hellmuth, l'un des meilleurs joueurs au monde, est au World Poker Tour Shooting Stars, après une sixième ou septième table finale, il perd à nouveau et cette fois (encore) sur un bad beat... Aux échecs on maitrise totalement sa stratégie, si on se fait piéger ça n'a rien à voir avec la chance, au poker on est obligé d'attendre la river, et cette dernière carte, comme les quatre précédentes, ne dépendent pas de nous! On peut influencer les décisions de son adversaire, mais on ne peut pas influencer le distribution des cinq cartes communes et il est pratiquement impossible de prévoir les cartes qui sortiront... On ne compte pas les cartes comme au blackjack (c'est ça que je voulais illustrer).
Après il y a la notion de long terme... Oui, mais faut-il encore pouvoir se le permettre! Y'a des hauts et y'a des bas, le reste est une question de gestion!
Tout ça pour dire que Le Youki est sorti sur un méchant bad beat sur la dernière main du day 2A du Main Event... L'année prochaine ça sera la bonne!



